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Olympia : triptyque gagnant

Une soirée avec Of Mice and Men, In Flames et Five Finger Death Punch

Si on vous dit : « Of Mice and Men », vous dites : « Qui ? »

Pourtant ces types gagnent à être connus, c’est en tout cas ce que vous diraient les membres du groupe passé après. Il parait même qu’ils ont fait une apparition sur la scène principale d’un petit rassemblement local appelé Hellfest… connais pas.

Était-ce par pure politesse, ou simplement pour donner un petit coup de pouce aux copains chargés de faire l’ouverture d’une salle de concert, à une heure où le public était en train de faire la queue pour mettre son sac en consigne ? En tout cas si l’ambiance n’était pas au plus haut pour ce début de soirée, il faut avouer que le groupe, dont le nom s’inspire d’un roman de Steinbeck, a parfaitement joué son rôle d’ouverture.

Le Metalcore est un genre très codifié, à tel point qu’on a presque l’impression que tous les groupes se suivent et se ressemblent, ou presque.Si les guitaristes, officiant dans ce registre, sont un peu vus comme des gros bourrins, enchaînant les accords ouverts sans se poser trop de questions existentielles, Of Mice and Men dénote un peu. Le groupe évite de tomber dans les travers du genre, à l’image de son chanteur, capable de chanter en live avec une voix claire qui fait plaisir aux oreilles. Sur le papier, tous les voyants sont au vert.

Phil Mansana a tout d’un guitariste soliste : le look, le doigté et cette passion sulfureuse pour les breakdowns enflammés. C’est un peu lui qui fait vivre le groupe, à lui seul il anime toute la scène.Dès le premier morceau, “Unbreakable”, la formation prend des chemins peu conventionnels : l’ouverture est lourde, les riffs sont rapides et dynamiques, là où l’on s’attendrait à un simple groupe de punk, avec une pédale de disto en plus.

Bref on a déjà compris où le groupe voulait nous emmener, et ça fait plaisir !

Et là c’est le drame ! Les titres suivant se rapprochant d’un Metalcore plus « traditionnel » comme avec le second titre de la soirée : “Public Service Announcement”. Le chanteur semble avoir troqué sa petite voix contre une cavité ne laissant échapper que les notes graves. C’est à ce moment que la salle commence à se remplir, et que les premiers Pogos se font ressentir. Le public est déjà suintant, au moins autant que le bassiste.

Le set se poursuit, des morceaux comme “Pain” et “Warzone” se suivent et s’enchainent. A peine le temps de dire ouf que “Pouf” ! C’est déjà terminé… Juste le temps de lancer “The Depths”, un morceau iconique du groupe et les lumières se rallument. Néanmoins le job est fait, la bière est servie, et la soirée a bel et bien commencée.

 

In Flames ? Les suédois barbus  qui ont mis 10 ans à trouver une formation stable ?

En voici un groupe qui est connu pour avoir accueilli la moitié des musiciens de la planète dans leurs rangs. Heureusement, depuis quelques années nos petits scandinaves ont réussi à trouver un équilibre assez efficace.  Les types ont fait des tournées avec des petits indépendants de la scène underground comme Avenged Sevenfold (plus facile à écrire qu’à prononcer), Alter Bridge ou Trivium… niveau réputation ça casse pas trois pattes à un canard.

Voilà donc nos quatre (cinq si on compte le type au fond derrière les claviers) compères embarqués dans un nouveau Road Trip avec Five Finger Death Punch. A la fin de la soirée, on a surtout l’impression d’avoir assisté à un double concert, In Flames possède une Fanbase assez solide dans la salle. La preuve, on a vu des gamins de mêmes pas 15 ans chanter par cœur toute la Setlist. Au même âge, on en connait qui se contentaient d’apprendre « Nothing Else Matters » à la gratte, et ils galéraient (on ne juge pas). Bref les types ont une certaine notoriété, même au près d’une génération qui n’est pas la leur.

Le set n’a pas encore commencé qu’on sent déjà une certaine tension, l’atmosphère est oppressante, et le jeu de lumière à dominance rouge n’arrange pas les choses. Le voile se lève, enfin,  sur « Drained » au moment où les premiers coups de double pédale retentissent. Pas forcément le morceau le plus connu, mais il reste très efficace, l’Olympia est retourné en moins de deux mesures, soit une demi seconde vu la cadence imposée par le percussionniste.

On découvre alors un Anders Fridén bien en forme, accompagné, comme tout chanteur de métal qui se respecte, d’une barbe plus soyeuse que les poils de mon chien après un tour chez le toiletteur. Jalousie quand tu nous tiens… On enchaine alors avec des titres qui ont fait la renommée du groupe, comme « Take This Life », suivit d’un petit « Salut Paris ! » et d’un joli tour de passe-passe pour introduire le morceau « Trigger », point de départ d’un bon mouvement de foule au milieu de la salle. Le public répond, le groupe joue bien, seul ombre au tableau : la pinte coûte un SMIC…

Le groupe déroule, enchaine les morceaux avec une mise en scène classique mais efficace. On notera les bonnes performances sur des titres comme « Dead Alone » ou « Drifter », le dernier étant sublimé par un solo tout simplement impeccable duvieux Björn Gelotte. La partie se termine sur « The Quiet Place » et « The End », difficile de faire plus classique. Mais bon ça valait le coup de se taper les 40 minutes de RER pour venir en concert une veille d’examen.

 

On dit jamais deux sans trois, voilà l’exception qui confirme la règle !

Troisième date en France cette année. Un passage éclair au Download, oscillant entre problèmes techniques et les adieux du chanteur en début de set, suivit d’une prestation mitigée au Hellfest avec un sosie de monsieur propre derrière le micro, on commençait à se poser de sérieuses questions sur les capacités de 5FPD à faire de bonnes prestations en live. Heureusement Ivan Moody, ou Ghost pour les intimes, a pris un peu de repos, s’est éloigné de la bouteille quelques temps et est revenu plus en forme que jamais sur scène.

A peine le temps d’aller fumer une clope, d’hypothéquer le domaine familial pour une bière et de revenir se placer que « Lift Me Up » commence : c’est rapide, concis, efficace. Comme à chaque fois la foule chante en chœur, c’est comme si tout le monde était bilingue le temps d’une dizaine de titres. De mon côté, j’ai du mal à commander un café de l’autre côté de la manche, alors je me contente du refrain, et en yaourt s’il vous plait !

Comme ce n’est pas assez, le groupe poursuit avec « Never Enough », indémodable classique et les refrains puissants qui font tout le charme de la formation commencent enfin lorsque Jason Hook fait retentir les premières notes de « Wash It All Away ».

C’est à ce moment précis qu’on a remarqué un invité bien particulier sur le balcon, Jeff Allen de l’émission Car Chasers, alias le Rick Harrison des bagnoles.  Seuls ceux qui passent leurs soirées sur AB Moteur reconnaitront le type. Ou alors c’était juste un chauve qui lui ressemblait vaguement.

Bref c’est le moment parfait pour lancer une petite session acoustique, maintenant que « Got Your Six » et « Bad Company » sont passés. Petit instant émotion, on sort la Gibson électro-acoustique et c’est parti. Pendant que Chris Kael et ses compères délégués à la guitare rythmique et aux fûts s’offrent une petite pause, on sort les briquets et les mouchoirs. « Wrong Side Of Heaven » et « Remember Everything », ou la chanson qui fait mal à la gorge le lendemain, nous sont offertes sur fond de poésie. Le groupe a eu la bonne idée de faire monter sur scène trois enfants et d’organiser une petite cérémonie en l’honneur des générations futures. Un beau moment sponsorisé par la joie de vivre… et les boissons énergétiques Monster, du Redbull mais en moins bon.

La trêve est enfin terminée, parce que la guitare acoustique ça va bien 5 minute. Jason prend à peine le temps de balancer son instrument à 5000€ dans les mains d’un technicien et retourne chercher sa bienaimée M4 Sherman. Le groupe reprend son petit tour du monde des classiques avec « Under and Over It », de quoi réveiller la salle en douceur.

Pour terminer cette jolie soirée,  5FDP ressort un de ses vieux vinyles du placard, « The Bleeding », l’un des sons les plus anciens, nous faisant alors remonter à une époque où tous les membres étaient dotés de cheveux.  Oui, nos vieux groupes vieillissent, mais ils sont toujours là pour assurer le spectacle, et c’est tout ce qu’on leur demande.

 

Article rédigé par Quentin Bremand

Photos par Charles Pozzo Di Borgo

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