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Le Thrash fait son Bataclan

Le 8 décembre dernier, le Bataclan a accueilli la dernière date française du trio Death Angels, Annihilator et Testament. Une soirée placée sous le signe du Thrash, aussi rapide qu’agréable, malgré quelques approximations.

Normal me direz-vous, lorsque l’on joue à 250 BPM, mais les fausses notes ne venaient pas des musiciens.Après Toulouse, Lyon et Nantes, le petit “Big Three of Thrash” a fait une escale dans la capitale. Retour sur la dernière soirée française de la tournée.

Death Angels : “Organization” de “l’Ultra-Violence”

 

Les petits protégés de Kirk Hammett, régnant en maître incontesté sur le Thrash depuis la genèse du style, ont fait un sacré bout de chemin.

Tout recroquevillé sur l’avant de la petite scène de la petite salle parisienne, le groupe avait pour seul et unique objectif de faire monter la pression. Ils ont fait bien plus que ça, malgré une technique un peu à la ramasse ce soir-là et pour tous les groupes. Micros un peu crades, basse omniprésente, voix inaudibles même sur des titres que l’on connait par cœur. Pourtant je suis rarement interpelé par ce genre de détails, c’est dire…

La partie a donc commencé sur “Father of lies”, issu de leur dernier disque, “The Evil Divide”. Loin d’être la meilleure composition, elle reste néanmoins très efficace.

Enfin, les classiques, si vous me permettez l’expression, arrivent avec “The Dream Calls for blood” venant tout droit de l’album éponyme. Le Bataclan se réveille enfin, la soirée part sur de bonnes bases.

Les morceaux suivants s’enchaînent très vite, “Claws in So Deep”, “Thrown to the Wolves” et “Mistress of Pain” sont rapidement expédiés. Normal, le groupe suivant attend son tour, boosté par la bonne performance de leur première partie.

Le sixième et dernier morceau de Death Angels sera donc “The Moth”.Merci à vous, les lumières se rallument, c’était sympa, mais place aux vrais groupes maintenant. C’est en tout cas ce que la régie semble leur avoir fait comprendre. Ni une ni deux, le groupe décampe et fait place aux suivants.

 

Annihilator : place au chauve !

 

“Welcome to Phantasmagoria”, c’est un peu la phrase qui a résonné dans ma profonde, mais vide, cavité crânienne lorsque l’on a annoncé l’entrée sur scène d’Annihilator. Leur petit show d’une heure au Bataclan n’a fait que rappeler l’inexorable continuité du temps. Jeff Waters a toujours la pêche, mais Jeff n’a plus un poil sur le caillou, ce qui rompt avec la tradition du guitariste lead de Thrash doté d’un kit pour Head bang de premier choix.

Néanmoins, après 30 ans d’enregistrements et de concerts, le groupe est toujours là. Pour rappel, Annihilator c’est plus de 350 millions de titres originaux et au moins 7 milliards de disques vendus, enfin plus ou moins on est plus à trois vaches près. En bref des bêtes de studio, 16 albums sans compter les compilations, EP et lives… une petite longévité en somme.

La formation est donc arrivée sur scène, ou plutôt sur l’avant de la scène, vu que le matos de Testament prenait une sacrée place, avec une petite envie de tout casser. Petite, parce que le batteur ne respire pas vraiment la confiance. Obligé de jouer sur trois tambours et deux cymbales, à cause du manque de place, notre petit percussionniste âgé de 12 ans, ou 25 d’après sa page Facebook, se débrouille comme il peut. En temps normal, il évolue sur un set plutôt raisonnable : treize fûts et quinze cymbales, amateur !

On attaque directement avec « One to Kill » de l’album « For the Demented » sorti en 2017, totalement inconnu. Ayant écouté quelques vieux titres dans l’après-midi après avoir été prévenu cinq heures avant le concert que c’était à moi de faire ce reportage, et bien je me suis retrouvé un peu désarmé.

Heureusement, le titre suivant, c’est « King of the Kill », sorti du disque éponyme, qui lui date de 1994. N’étant pas encore sorti des ovaires de ma très chère maman, à qui je fais un coucou si elle lit l’article, eh bien cet album n’est pas non plus celui qui m’a le plus marqué.

Or cet excuse ne tiendra absolument pas la route pour « Alison Hell » qui date de 1989. Mais ce morceau ! Quel bonheur d’entendre ça en live. Je vous conseille de regarder le clip, disponible sur votre plateforme de vidéo préférée, le « avant-après » est assez déstabilisant.

Enfin, la petite fête des canadiens se termine sur « Phantasmagoria », le meilleur titre de la soirée. Un morceau qui donne envie de s’engager dans une secte pour aller égorger des bébés chiens en hurlant de plaisir.

Comment ? Moi, caricatural ? Jamais !

 

Testament : Billy et le bâton magique

 

Ça sonne presque comme le titre d’un film, et c’est fait pour, mais ça ne veut rien dire. Et permettez-moi de vous dire à quel point vous avez absolument tord… Billy c’est le chanteur. En fait il s’appelle Chuck Billy, mais Billy ça sonne mieux. Et du coup ce Chuck, enfin Billy, il chante avec un micro magique. C’est rigolo, ça ajoute un peu de lumière sur scène, mais c’est surtout un excellent clin d’œil aux séries de Magical girl, comme « Sailor Moon » et « Princesse Tutu » (si vous connaissez le deuxième exemple, allez-vous faire soigner). Bref, c’est tout simplement la classe !

Pour ce qui est du groupe en lui-même, je pense que personne n’a besoin d’apprendre quoique ce soit sur Testament. Cependant, en faisant quelques recherches, on apprend que près de 28 musiciens sont passés dans la formation. Il y avait certainement une blague à faire sur ces va et viens, mais je laisse votre imagination la compléter.

Actuellement en tournée pour son nouvel album  » Brotherhood of  the Snake « , d’où l’affiche à l’entrée avec une grosse bestiole rampante à trois têtes, le Set a donc commencé avec : « Brotherhood of  the Snake « . Logique !

Ça sonne bien, la lumière est jolie, les effets de fumée provoquent un certain émoi, surement la résurrection d’une conscience artistique décédée durant mon adolescence, à force d’écoutes répétées et prolongées de « Bullet for my » Valentine. Si vous connaissez, vous êtes déjà mort. C’est beau, c’est rapide, tout ce qu’on attend d’une soirée consacré au Thrash, dommage c’est pas Slayer qui joue.

Vient ensuite le morceau « More Than Meet the Eye », le titre Phare du groupe selon moi, et son nombre de vues sur YouTube. Et arrive alors un petit, sinon le moment de bonheur de la soirée. Dix bonnes minutes de démonstration, un solo de guitare d’Alex Skolnick, qui s’offre le luxe de jouer sur une guitare de sa propre confection. Tout y passe, de Led Zeppelin à la marseillaise, dix minutes de jouissance auditive avant le retour de ses partenaires.

La dernière partie du concert s’enchaine alors très rapidement, « Electric Crown », « Into the Pit », qui d’ailleurs m’a poussé à aller faire un petit tour à l’avant de la fosse et « Souls of  Black » se succèdent.

Puis le Set s’est erminé sur un retour vers les fondamentaux, comme « Practice What You Preach » ou encore « The New Order », des albums qui ont 30 ans révolus et qui résonnent encore très bien.

On regrettera seulement des adieux un peu rapides du groupe, mais bon c’est la vie de tournée. Les publics se suivent et se ressemblent, il n’empêche que le Bataclan ce soir-là était de bonne humeur, avec une joie de vivre réconfortante et chaleureuse en ces périodes de grand froid.

Article rédigé par Quentin Bremand

Photos par Christophe Mielot

 

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