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G3, une trinité prog rock héroïque à La Seine Musicale

Rendez-vous à la Seine Musicale, ersatz d’un Bercy dans les Hauts-de-Seine, pour acclamer le G3 de retour à la capitale. Entre rock instrumental et métal progressif, le triptyque de guitar heroes à la virtuosité que l’on ne présente plus promet un show dantesque.

Uli Jon Roth ouvre le bal, ex-Scorpions aux sonorités néo-classiques à la Yngwie Malmsteen. L’allemand, guitariste phare des seventies, semble tout droit sorti de Woodstock, bandana azur et plumes entrelacées à la gratte. Accompagné au chant par le juvénile Niklas Turman, Roth produit un magnifique son bluesy. Dans un flow spirituel et ambiant, les notes s’envolent dans des accords old school. Le plus classic rock du trio sait faire rugir son instrument, soudain aux sons motorisés. Les mille tonalités de la guitare d’Uli se confondent dans un rock n’roll rugissant, évoquant les mélodieux The Cult, et leur tube cristallin She Sells Sanctuary. L’hommage à son frère Zeno, disparu deux mois auparavant, n’est pas sans émotion. Il rappelle la proximité musicale entre les deux frangins, guitaristes au répertoire similaire et aux univers communs.

John Petrucci entame le prochain set, pour une heure de jeu aux airs étourdissants. Surtout connu pour son rôle de guitariste de Dream Theater, le virtuose foule le sol Parisien pour une tournée en son nom. Les morceaux à n’en plus finir semblent parcourir les veines de John, dans une fusion inégalable avec son instrument. Gravitant entre tierces mineures et aigus innateignables, le guitar hero parcourt des sommets musicaux, dans un flot mélodieux qui prend aux tripes comme un tremblement de terre. Petrucci est volcanique, et reste hiératique face à son public en transe. Après Glassy-eyed Zombies, le final sur Glasgow Kiss ruisselle d’effervescence. Les accents celtiques de la composition majeure de Petrucci en deviennent légendaires, sur un décor resplendissant de forêts enchantées et de dégradés luminescents.

Last but not least, le mythologique Joe Satriani fend la scène après un court entracte. «Satch» le bien nommé est plus alien qu’humain. Son génie absolu, à couper le souffle, ne peut être égalé d’une optique technique. Les nuances mélodiques de son jeu restent reconnaissables entre toutes. Caractérisé par des solos de maestro et des riffs à la tonalité presque métallique, le boss mérite son titre de surdoué de la guitare. Il fait son job, équipé de sa gratte Ibanez à laquelle il voue fidélité. Masqué derrière ses mythiques lunettes noires, Satriani le discret reste dans son propre monde. Celui qui a été le professeur de Kirk Hammett de Metallica demeure le digne successeur de Jimi Hendrix. A soixante ans passés, les marques du temps n’atteignent pas le dieu de la guitare du 21ème siècle, parti pour durer.

Moment tant attendu du show, les trois briscards se réunissent pour une petite demi-heure de jam commun. Uli Jon Roth, Petrucci et Satch ont le sourire. Y a-t-il un meilleur moyen de clore un concert d’une telle envergure qu’avec un bœuf de trois rockstars ? Pour accorder leurs univers si personnels, le trio de guitar heroes opte pour des reprises, classiques du rock au programme.

Dans des lignes de jeu incroyables au répondant inné, la reprise de Highway Star de Deep Purple fonctionne, leadée vocalement par Niklas, le chanteur de Jon Roth. La fosse au calme forcé, dû à la configuration assise de la salle, se permet des bras levés pour le salut final des guitaristes acclamés. Une prochaine tournée Française des rois du prog rock instrumental est de mise, cette fois-ci dans un stade pour animer la foule contre vents et marées !

Article et photos par Aure Briand-Lyard

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