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Carnavalorock – Saint-Brieuc revêt son costume de Punk pendant 3 jours !

Après une 1ère réédition en 2017 où nous étions présent en tant que spectateur, cette année, Pozzo Live s’est vu accorder la chance de couvrir l’événement briochin Carnavalorock.

Réédition parce que ce festival a eu une première jeunesse entre 1990 et 1997 avant d’être arrêté pour 20 ans.

Depuis l’année dernière avec quelques concerts excellents comme le groupe de métal parodique Ultra Vomit, Les électriques Nashville Pussy, la guinguette de Debout sur le Zinc, ou le très transcendant Highlight Tribe, Carnavalorock remet le couvert et reprend petit à petit sa place au sein des festivals bretons ! Franc succès et une ambiance au top qui avaient réuni plus de 4600 spectateurs pour une douzaine de groupes.

Cette année, étaient attendus quelques grands noms dans des styles très variés tels que : Les Fatals Picards, Dagoba, les Négresses Vertes ou encore les américains du légendaire Phil Campbell et ses Bastard Sons.

 

Vendredi 19/10/2018

Ce vendredi nous arrivons un peu plus tard que prévu (Et oui, on travaille aussi parfois) sur site et ratons la première moitié de la soirée. Mais on se réconforte en se rappelant que nous allons assister aux principales têtes d’affiche du jour : Les Négresses Vertes, No One is Innocent et le brutal DAGOBA !

18h00 – 18h30 : The Craftmen Club (1)
19h00 – 19h50 : Pigalle (1)
20h30 – 21h20 : Radio Birdman (1)
21h50 – 22h50 : Les Négresses Vertes
23h30 – 00h20 : No One Is Innocent
01h00 – 01h50 : Dagoba

Les Négresses vertes

L’entrée en matière se fait sous le signe de la chaleur humaine et du soleil. Plus de 30 ans après leur formation, et malgré 17 ans de pause, le groupe parisien nous offre encore un spectacle tout à fait satisfaisant.

D’excellents musiciens aux paroles festives ! Ils ont beau avoir dépassé la cinquantaine, la prestation demeure énergique et drôle. Tantôt jazzy, tantôt rock’n’roll, leur façon d’occuper l’espace sur scène rappelle qu’ils sont issus du milieu punk. A l’évidence les influences manouches/ibériques ont pris le dessus.

Dans une humeur joviale, les membres du groupe débarquent (vu leur nombre c’est le mot juste) à 7 sur scène en commençant directement par leur tube légendaire « Voilà l’été ! », avant d’enchaîner sur « Face à la mer » en hommage à Saint-Brieuc qui accueille le festival ! S’ensuivent une heure de concert dans une ambiance chaleureuse ou les membres s’échangent le micro sans arrêter d’interagir avec le public.

La foule, largement quadra, connait tous les titres… que dis-je, tous les tubes du groupe et semble conquise. Après « Les yeux de ton père », « Hey Maria », le groupe termine son show par les cultissimes « Zobi la Mouche » et « Sous le soleil des Bodegas ».

10/10, on reviendra.

No One Is Innocent

De retour au Carnavalorock plus de 20 ans après un double passage en 1997, les membres de No One is Innocent viennent nous proposer un show endiablé.

Il convient de noter que le démarrage aura été laborieux car ponctué par une coupure totale (lumière & son) environ 30 secondes après leur entrée en scène. Raison : une alarme incendie déclenchée.

L’ironie (ou le talent) veut que Pozzo Live ait enregistré précisément ce passage (cf vidéo ci-dessous)

Fort heureusement, pas de dégâts matériels à déplorer (à notre connaissance), et le groupe peut reprendre à zéro, moins de 10 minutes après l’incident. La suite du concert rencontre un public présent aux premières heures du groupe. En effet, Saint-Brieuc a toujours compté une importante communauté punk, mouvement encouragé par l’existence du « Wagon » lieu alternatif à mi-chemin entre la scène ouverte et le squat.

Verdict, un concert dynamique avec une foule déchaînée où le groupe enchaîne ses tubes de « Silencio » à « Charlie »

 

DAGOBA

Les mélodeatheux originaires de Marseille avaient la mission de clôturer la soirée du vendredi.

Un choix avisé de la part de l’organisation du festival car le groupe offre une prestation, certes énergique à fatiguer des gamins hyperactifs, mais aussi d’une brutalité propre au Death métal. A leur entrée sur scène, la foule, vraisemblablement connaisseuse, est diminuée de moitié. Seuls restent les « vrais » amateurs du genre. D’ailleurs assez vite, le chanteur Shawter, plaisantera sur le fait qu’à cette heure-ci et après les premières chansons/pogos, il ne restent que les métalleux.

A peine montés sur scène, les membres attaquent avec un chant growl puissant et gutural. Il n’en fallait pas plus que le public se lâche dans une succession de pogos – activité risquée à cette heure du festival si l’on prend en compte l’état du sol extrêmement biérissant (un mot valise inventé par mes soins pour dire que c’est glissant à cause de la bière) – et de Wall of death. Les chutes sont nombreuses, quelques nez ensanglantés et beaucoup de transpiration.

Bref : dégueulasse <3 

Au fur et à mesure de leur prestation, Shawter (qui soit dit en passant boit une gorgée de Jack Daniel’s entre chaque chanson du groupe… en trinquant avec son public chéri), nous invite à deux wall of death, puis voyant que la foule a fondu, à faire un énorme Circle Pit des familles. Visiblement, tout le monde ne connait pas le concept car il faut quelques instants pour que les premiers ayant réagi, entraînent le reste du groupe dans la farandole.

Tout ça fait de Carnavalorock, le seule festoch où on peut voir des daronnes de plus de 50 ans, propres sur elles, pantalon rose moulant, en train de se faire chahuter dans des pogos sur du Death Metal, avec la banane jusqu’aux oreilles.

Et ça, chez Pozzo Live on en raffole. Un bilan très très positif pour ce concert… Qui vient finir une soirée dans la même veine ! Que du bonheur !

SetList :

  1. I, Reptile
  2. The Mab you’re Not
  3. Black Smokers
  4. Tenebra
  5. Inner Sun
  6. Stone Ocean
  7. When Winter
  8. Epilogue (Switch Guitar/Bass)
  9. The Sunset Curse
  10. The infinite chase
  11. The white guy & the black ceremony
  12. Rappel : The Things Within

Samedi 20/10/2018

18h00 – 18h30 : 22 Longs Riffs.
19h10 – 20h05 : Flor Del Fango(1)(2)
20h35 – 21h30 : Les Fatals Picards.
22h10 – 23h10 : Phil Campbell & The Bastard Sons.
23h40 – 00h40 : Les Shériff.
01h10 – 02h00 : Black Bomb A

 

22 Longs Riffs :

Samedi soir, la bande des 22 long Riff originaires de Saint-Brieuc même (d’où le double jeu de mot – 22 et riffs) avait l’insigne honneur d’ouvrir le bal.

Musicalement assez bon et plutôt technique, on se permettra néanmoins d’émettre ici une petite réserve. Même si les riffs et la rythmiques semblent très satisfaisants, on est en droit de s’interroger sur le rôle du festival dans la propagation d’un discours d’incitation à la haine et la violence. En effet, les punks du 22 long riffs (qui hélas n’auront pas pu profiter du Wagon avant sa destruction) se gargarisent avec des encouragements au cassage de flic !

Autant les contemporains du punk ont toujours eu un discours antipolitique/anticapitaliste, autant ici, leurs chansons anti forces de l’ordre laissent un peu plus à désirer et leurs textes sont tellement explicites qu’ils n’ont même pas l’élégance de la suggestion.

A coté, leurs confrères de No One Is Innocent, programmés la veille, ont l’air de vouloir signer chez LREM.

Bien entendu, en prenant un peu de recul, quelque soit le regard des organisateurs vis-à-vis du discours propagés par les membres du Long Riffs, on comprend bien qu’un festival expressément Punk, de Saint-Brieuc se doit d’inviter le groupe local.

 

Fatals Picards

Pour ceux qui ne connaissaient pas encore les amienois, cette bande fous alliant des styles allant du rock au reggae en passant par la variété française, vous DEVEZ voir au moins une fois un concert des Fatals Picards. Musicalement très agiles et parolistiquement, très drôles, leur jeux de scène n’a d’égal que leur humour parfois potache, souvent cinglant.

Profitant d’être en terres bretonnes pour moquer gentiment les locaux (et contrairement à certaines pages en .bzh, nous, chez Pozzo Live, on trouve ça très drôle, même quand on est bretons, m’voyez !) le groupe entonnera en milieu de concert son morceau « A la vie, à l’Armor » décrivant hélas avec beaucoup de justesse, notre syndrome armoricain et notre chauvinisme prononcé (sortez les Gwenadu mes frères !!)

Après quelques chansons, c’est au tour du deuxième chanteur de prendre la parole pour raconter quelques âneries et entonner, en acoustique s’il vous plaît, la très belle « Père Était Tellement De Gauche ». Mais le bougre se trompe de micro et entame son morceau dans le vide, ce qui lui vaut quelques railleries par le leader du groupe, sur un ton bon enfant ! Cf le live Facebook ci-dessous (NB: n’hésitez pas à fouiller la page de Pozzo Live sur Facebook pour retrouver les autres captations live que nous avons pu faire pendant ce festival et bien d’autres)

Des riffs très rock, beaucoup plus que dans mes souvenirs de lycéens (J’ai vu Fatals Picard en concert à Avranches il y a 12 ou 13 ans et ce n’était pas aussi pepsy dans mes souvenirs), une énergie incroyable et surtout, une forte autodérision quant « la France qui renoue enfin avec la gloire » pour citer les mots exacts du chanteur, faisant allusion à l’année 2007 où le groupe représentait la France à l’Eurovision (avec malheureusement un résultat déplorable de 22ème ex aequo sur 24 participants (avant-dernier donc).

Dans l’ensemble, il convient de rendre à Picard ce qui appartient à Picard, selon moi (et mes goûts propres), les Fatals Picards avaient aussi et surtout la meilleure qualité de son (ou alors était-ce leur ingé son ?) et le volume le mieux réglé du festival.

Un chanteur qui se bogossifie (#MickaëlVendetta) avec les années (une petite barbe et une petite coupe grisonnantes), des échanges avec le public +++ et beaucoup de complicité entre les membres. Bref, un concert extra duquel on ne regrette que l’absence des morceaux « La Ferme » et « Goldorak est mort »

Le saviez-vous ? Le chanteur humoriste vedette Oldelaf a été guitariste pour les Fatals Picards entre 2003 et 2004 pour l’album Picardia Independenza.

Setlist :

  1. Le retour à la terre
  2. Défibrillateur
  3. Bernard Lavilliers
  4. Le Reich de Licornes
  5. Mon était tellement de gauche
  6. A la vie à l’Armor
  7. L’amour à la française
  8. Le combat ordinaire
  9. Punk à chien
  10. Fils de p
  11. Noir(s)
  12. Punk au Liechtenstein

Phil Campbell & The Bastard Sons

L’Excellent et célèbre Phil Campbell était aussi à Saint-Brieuc avec ses Bastard Sons. L’ancien guitariste de l’absolument cultissime Motorhead ne se voyait pas arrêter de gratter malgré le décès tragique de son chanteur et ami, Lemmy Kilmister. Mais que faire après avoir tourné pendant 32 ans avec le même groupe de Hard Rock ? Et bien Phil Campbell a trouvé la solution : remonter un groupe avec ses propres fils pardi ! Ce dernier, qui pour une fois se cantonne à son rôle de guitariste, est accompagné de ses 3 fils (Todd à la guitare, Tyla à la basse et à la Dane batterie) ainsi que du chanteur Neil Starr, pour interpréter leurs deux premiers albums, dans des teintes beaucoup plus heavy/glam que le hard rock qu’on lui connaissait.

Formé en 2014 après la disparition du leader de Motorhead, le groupe nous prouve que chez les Campbells, le talent est une histoire de famille.

Ce samedi soir, le public breton était au rendez-vous, ce qui permettait à Neil Starr d’être assez bavard niveau échanges, et ce malgré le fait qu’il ne maîtrise pas la langue (America remains the best country in the world…). Ce même public donc, très réactif, et appréciant particulièrement l’invective – devenue tradition à chaque concert – du chanteur au levé de majeurs en scandant « Fuck you Tyla ». Hélas, nous ne saurions vous expliquer l’origine de la tradition… On va continuer de chercher, et promis, si on la trouve, on vous l’expliquera. Mais ceci est une autre histoire…

Après avoir repris « Rock Out  » de Motorhead dès le troisième morceau, ce qui a pour effet un défoulement général, le groupe interprétera le fameux « The Ace of Spades » en fin de concert, devant une foule en délire. On remarque un très bon solo vers la fin de la première moitié, mais en même temps, vu le CV de l’artiste, est-ce que cela nécessite vraiment de le notifier ?

Un petit 18/20 parce que le son, bien que bonne qualité était vraiment fort et que la lumière semble avoir été volontairement dirigée vers la fosse pour rendre toute photo proprement inexploitable… Mais si on s’en réfère à l’énorme succès du merch après le concert, ça n’a pas l’air d’avoir dérangé qui que ce soit.

A revoir avec GRAND plaisir !

  1. Big mouth
  2. Step into the fire
  3. Rock Out (Motorhead)
  4. Freak Show/take Aim
  5. Born to raise Hell
  6. Get on your knees
  7. Ramones
  8. Ringleader
  9. The game (Drop C)
  10. Dark Days (Drop C)
  11. Silver machine
  12. The Ace of Spades (Motorhead)
  13. High Rule
  14. Bomber

 

Les Sheriff

Considéré comme un des groupes fondateurs du punk rock en France, ils ont déjà fait le bonheur de Carnavalorock en 1992 et 1996.

Après 15 ans de pause, les montpelliérains ont repris du service pour, d’abord quelques dates éparses, puis finalement une tournée à l’automne 2018, après un passage remarqué au la grand-messe du Métal français, le Hellfest, au printemps de la même année.

Son trop fort fidèle à leur réputation, bouchons d’oreilles obligatoires (surtout pour un groupe aussi âgé) mais très grosse énergie avec un bon échange avec le public. Un vieux punk à l’ancienne, assez classique, mais un jeu de scène peut-être un poil fatigué (une fois de plus, normal vu leur âge (non ! pas canonique, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit… mouais… en même temps ils étaient déjà vieux lors de leur passage de 1992 donc bon…) BREF !)

Un punk rock sympathique, anticonformiste mais dans une ambiance et des textes plutôt bon enfant.

Setlist :

  1. Arrête de parler
  2. Panik
  3. A coups de Batte
  4. Pourvu Xa dure
  5. Menteur
  6. Condamné à brûler
  7. Les 2 doigts dans la prise
  8. Bon à rien
  9. Ça fait mal
  10. Pendons les
  11. Fais pas cette tête
  12. Montpellier
  13. Fanatik
  14. Pas de doute
  15. Missiles
  16. 3, 2, 1, 0
  17. Pile ou face
  18. Attention à toi
  19. Pourquoi
  20. Le feu

 

Black Bomb A

Après un Hellfest et une tournée 2018 qui les a fait passer par Nantes et Rennes entre autres, les ténors de la scène punk métal française finissent leur passage en terre d’Armor par le Carnavalorock. Puissance brute et crasse, les BBA entrent sur scène avec l’élégante injonction « Saint-Brieuc, fout moi la merde ! » Ce que le public absolument déchaîné s’empresse d’appliquer au pied de la lettre.

Ceux qui reprenaient le tube de Midnight Oil « Beds are burning », proposent un punk hardcore tellement puissant avec un chant growl tellement lourd et violent qu’on y décèlerait des notes de death métal ! On comprends pourquoi le festival a jugé pertinent de les programmer en dernier comme leurs acolytes de Dagoba, la veille.

Clairement pas pour toutes les oreilles, les auteurs de « Mary » attaquent dès les premières minutes avec un gros Circle Pit. Comme la vaille à la même heure, la foule a largement diminué entre le concert précédent (Les Sheriff) mais tout de même moins que pour le show de Dagoba. il faut croire qu’à violence égale, les termes « punk hardcore » et « Death Metal » font la différence concernant l’assiduité de l’audience.

Une note très positive pour l’élégance dans les enchaînements de titres (pas de coupure entre tous les morceaux) et un très bon concert pour les amateurs du genre.

En bonus, je vous invite à regarder la vidéo ci-dessous jusqu’à la fin , et ce afin de profiter pleinement du petit geste amical qui nous est spécialement dédié par Arno vers 5 minutes de vidéo environ <3

Le Samedi en bref :

Une soirée placée sous le signe des décibels et du gros délire. Un vendredi soir et un samedi soir assez égaux en terme de prog et d’ambiance, avec une très légère baisse de fréquentation semble t-il le deuxième soir.

Globalement, le bilan de cette seconde réédition du festival est excellent et nous donne fortement envie d’assister à l’édition 2019 (A bon entendeur 😉 ). Des groupes aux origines et aux sonorités variées mais toujours dans un esprit résolument Rock’n’Roll. Seul bémol et encore, c’est parce qu’il est de bon ton d’émettre une critique un peu nuancée, peut-être un prix un poil élevé (33€ pour une soirée) mais on rappelle que le festival fonctionne avec un budget de 200 000€ tout compris, et ce avec peu de subventions des collectivités locales, pour accueillir entre 4000 et 5000 festivaliers sur 2 (3 en comptant le petit jeudi) jours. A côté, pour les festivals rock/hard rock/punk bretons, le Motocultor voit son budget de fonctionnement autour du million d’euros et son grand frère, le Hellfest et ses 160 groupes coûtent la modique somme de plus de 20 millions d’euros chaque année.

 

Live Report : Vianney

 

(1) Nous nous excusons auprès des artistes et de l’organisation pour notre absence pendant les concerts de Radio Birdman, Pigalle , The Craftmen Club et Flor Del Fango

(2) Les Pussy Riots initialement programmées, ne pouvant quitter la Russie car assignées à domicile, sont remplacées au pied levé par la formation folk espagnole « Flor Del Fango »

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